_____Tu m'aimes, dis, tu m'aimes ? Alors, empêches-moi de me tordre de douleur. Empêches-moi de me faire ce mal que j'ai combattu. Oh tu ne sais pas, non tu ne sais pas. Combien de fois j'ai pleuré, combien de fois j'ai voulu quitter cette foutue planète, alors que tout ce que je souhaitais c'était des bras dans lesquels souffrir moins fort. Être moins vulnérable que seule sur du carrelage froid. J'attendais qu'un preux chevalier apparaisse à ma fenêtre pour me sortir de ma prison rouge et dorée. Il n'est jamais venu. J'ai grandit, et certains diront que je n'ai plus l'âge pour ces enfantillages, on n'a jamais l'âge de toutes façons. Tu sais je les comprends tout ces gens qui veulent partir, à raison d'avoir déjà un peu sauté le pas. Tu peux juger, imaginer, avoir ta propre opinion mais je ne pense pas que l'on puisse vraiment ressentir cette folie tant qu'on ne l'a pas vécue. Et heureusement. Je détruits sans pitié toutes ses filles qui se plongent dans les problèmes qu'elles s'inventent parce qu'elles ne savent pas ce que c'est. Est-ce que tu sais ce que c'est de te cacher honteusement dans ta chambre pour laisser ta douleur couler le long de ton bras ? Est-ce que tu sais ce que c'est d'être à ce moment "ultime", de pleurer parce que tu veux que ça soit la fin et que derrière la porte tu entendes ton petit frère rire et jouer sur sa console ? Qu'est-ce que tu te dirais à ce moment précis ? Est-ce que tu serais assez fort pour te battre et accepter de vivre avec cette douleur, ou est-ce que tu serais assez lâche pour laisser ton petit frère souffrir comme tu souffre à ce moment-même ? Moi j'ai choisi. C'est le seul vrai choix de ma vie. Et plutôt vivre que de le laisser dans la souffrance que j'ai vécue avant lui et que je vis toujours aujourd'hui. Je pourrais aider ces gens qui ont mal, vu l'expérience je dirais, mais même avec toute la volonté possible, je n'ai pas les mots. Peut-être parce qu'on a jamais su me les dire à moi. Parfois ce que je dis, c'est dur, mais moi de la tendresse, contrairement à ce qu'on pense, j'en ai beaucoup à revendre, c'est juste que ça ne s'offre pas si facilement. Parce qu'un inconnu qui pleure, j'aurais toujours envie de le prendre dans mes bras, les larmes aux yeux et de lui dire : "écoutez, je sais pas si ça s'arrangera, mais je sais que vous vous relèverez", parce que c'est ce que j'aurais voulu qu'on me dise, c'est ce que certains m'ont dit. Et c'est en partie ce qui m'a sauvé. On n'aide pas les gens avec des grands discours, on ne les éduque pas comme ça non plus, c'est les gestes qui nous construisent. Alors peu importe ce que je dis, peu importe ce que l'autre connasse ou connard va dire, gardez en mémoire que les mots ne sont jamais que du vent mais que les gestes, c'est comme imprimer notre être sur l'autre, et c'est tout ce qui compte.
_____Et jeune fille, toi qui pleure seule dans ta chambre tous les soirs, toi qui te perds en détresse et chansons dépressives, on a toutes eu cette période, tu doutes, parce que tu ne sais pas, et tu souffres de ne pas savoir, alors vas-y pleure, il n'y a que les imbéciles qui blâment les larmes. Je préfère qu'on fasse couler de l'eau que du sang. Je ne vais pas te dire qu'il faut te battre ou t'accrocher parce que ça ne servirait à rien et au fond de toi, tout ça tu le sais. Alors regardes et observes, cette personne qui pose tendrement ses yeux sur toi, ce mec, ces amis qui font monter ton rire jusqu'au ciel, et demandes-toi, si tu les aimes, es-tu prête à détruire leur bonheur en arrêtant ta vie ? Veux-tu vraiment qu'ils aient mal au point de ne plus pouvoir tenir debout ? Perdre des gens que j'aime, ça aussi je l'ai vécu, je ne le souhaites à personne, même pas à d'illustres inconnus donc je t'en pries : tu les aimes ? Alors restes. Ta douleur est légitime, ton désespoir l'est tout autant, ton suicide ne le serait pas.
Elle se reconnaitra. ♥
Love. Marie.